Gilles Leroy

Invité au Festival Livres & Musiques 2018

Né en 1958 à Bagneux, Gilles Leroy intègre après un baccalauréat en sciences expérimentales l’hypokhâgne et la khâgne du lycée Lakanal à Sceaux. Il obtient un DEUG de lettres et arts en 1977, une licence puis une maîtrise de lettres modernes en 1979 pour un mémoire consacré à Henri Michaux. Sans goût pour l’université, il abandonne le cursus, voyage et étudie seul les littératures américaine et japonaise qui l’impressionnent. Le roman américain, surtout, devient le paradigme du roman moderne et l’incitateur à écrire. Tout en travaillant la nuit à ses premiers textes, Gilles Leroy exerce divers jobs de secours puis devient journaliste de presse écrite et audiovisuelle. Il quitte le journalisme en 1991 et quitte Paris en 1995 pour s’installer à la campagne, où il se consacre à l’écriture.

Gilles Leroy publie son premier roman, Habibi, en 1987, qui sera suivi d’une dizaine d’autres, dont notamment L’Amant russe (2002), Grandir (2004) et Champsecret (2005).

Plusieurs de ses ouvrages comportent une dimension autobiographique (L’Amant russe, Les maîtres du monde, Les Jardins publics, etc.), allant jusqu’à l’autofiction avec Champsecret. Parmi les thèmes au centre de ses romans, on retrouve les figures d’une mère adorée et d’un père enfant, ainsi que l’homosexualité, la difficulté d’aimer, la difficulté de s’en sortir lorsqu’on naît au bas de l’échelle et, pour reprendre les mots de Fassbinder, la « difficulté de changer les choses dans ce monde ». Ses personnages gravitent dans un univers à la fois tendre et violent, dans lequel l’enfance est souvent cruelle et la critique sociale acerbe.

En 2007, Gilles Leroy reçoit le prix Goncourt pour son douzième roman, Alabama Song, qui connaîtra un grand succès en France et à l'étranger. Il se glisse dans la peau de Zelda Fitzgerald et relate brillamment le destin tragique de la femme de l’écrivain Francis Scott Fitzgerald en mêlant éléments biographiques et imaginaires. Lors de la remise du prix Goncourt, Bernard Pivot l’a salué comme un auteur « au style flamboyant », tandis que Françoise Chandernagor s’est déclarée enthousiasmée par sa « qualité d’écriture extraordinaire ».

Suivront Zola Jackson (2010, Prix Eté du Livre), Dormir avec ceux qu'on aime (2012), Nina Simone roman (2013, Prix Livres & Musiques de la ville de Deauville), Le Monde selon Billy Boy (2015, prix Marcel Pagnol) et Dans les westerns (2017).

Il est aussi l'auteur d'un essai autobiographique, Le château solitude (Grasset, 2016).